De l’eau embouteillée meilleure que celle du robinet?


L’été et les canicules sont maintenant arrivés. Ce sera une saison propice pour les compagnies de bouteilles d’eau qui pourront profiter de cette chaleur pour gonfler leur chiffre d’affaires.

Celles-ci, munies de stratégies marketing quasi infaillibles, ont réussi à nous faire croire que leur eau est nettement meilleure que celle que nous pouvons boire à même notre robinet. Pourtant, la situation est loin d’être aussi rose.

Premièrement, le fait de consommer des bouteilles d’eau est un geste qui est loin d’être environnemental. D’une part, la fabrication du plastique demande une quantité considérable d’énergie pour sa conception car elles sont faites à partir d’hydrocarbures. Aussi, les bouteilles sont souvent transportées sur de longues distances. Certaines viennent même d’Europe (Évian) et des Îles Fidji (Fiji), ce qui en fait des bouteilles avec un bilan environnemental extrêmement néfaste.

Il faut aussi savoir qu’environ 25 % des bouteilles d’eau sur le marché contiennent de l’eau tirée à même les aqueducs de municipalités. Entre autres, des compagnies comme Dasani et Aquafina extraient leur eau de cette façon. De plus, une fois embouteillée, l’eau n’est plus soumise à aucune analyse alors que votre eau du robinet se fait analyser plusieurs fois par jour, à plusieurs points distincts, dans le réseau d’aqueduc de votre municipalité. Ce qui en fait, pour plusieurs, une eau de meilleure qualité.

L’eau du robinet n’a peut-être pas bon goût car elle est chlorée. Le chlore est indispensable pour que l’eau reste exempte de bactéries lors de son transport. Sachez que cet élément est éliminé rapidement par votre corps et que pour faire disparaître ce goût, il suffit de laisser reposer l’eau dans le réfrigérateur pendant une heure ou deux ou de la filtrer avec un filtre de charbon.

Il est évident que dans quelques situations, une bouteille d’eau est de mise. Par contre, lorsque vous ferez un choix lors d’un prochain achat, réfléchissez aux réelles conséquences de votre geste. En plus, l’eau est une de nos richesses au Québec, il est difficilement concevable de la payer 5 000 fois plus cher auprès de compagnies simplement pour qu’elles la mettent dans des bouteilles.

La fin des sacs de plastique!

Il est de plus en plus rare de croiser des gens à la sortie des commerces qui utilisent encore des sacs de plastique. Maintenant, ce ne sont plus ceux qui amènent leurs sacs réutilisables qui sont marginaux, mais plutôt ceux qui ne le font pas. Un changement d’attitude causé par un heureux mélange de législation municipale favorable et de pressions faites par certains groupes, consommateurs et quelques commerçants précurseurs. D’ailleurs, les grandes chaînes d’alimentation y sont pour quelque chose avec leur taxe de 0,05 $ imposée pour chaque sac demandé dans leurs magasins.
Un projet-pilote de la chaîne d’alimentation Loblaws a démontré que l’imposition d’une telle taxe entraîne une diminution de l’utilisation des sacs conventionnels de l’ordre de 55 à 75 pour cent. Le rabais de 0,05$ jadis donné pour l’utilisation d’un sac réutilisable, lui, diminuait de seulement quatre pour cent leur utilisation. Voilà pourquoi les grandes chaînes d’alimentation emboîtent le pas avec cette mesure.
Devons-nous nous réjouir de ces avancées dans le domaine de l’alimentation? Bien sûr que oui, puisque ce secteur représente l’un des plus fréquentés par les consommateurs. Qui ne va jamais à l’épicerie? Les améliorations apportées dans ces magasins sont en voie de faire changer du tout au tout un comportement chez les consommateurs qui sont susceptibles de l’étendre à l’ensemble de leurs achats.
D’autre part, il est aussi souhaitable que les plus petits commerçants encore réticents emboîtent le pas ou, à tout le moins, qu’ils modifient leur comportement en n’offrant plus systématiquement un sac lorsqu’un consommateur se présente à la caisse.
Parlant de sacs de plastique, un avis émis en 2007 par Recyc-Québec concernant les sacs d’emplettes stipulait que leur utilisation avait moins d’impact sur l’environnement s’ils sont réemployés et recyclés que la plupart des sacs compostables. C’est que ces derniers émettent, s’ils ne sont pas compostés, des gaz à effet de serre durant leur décomposition au lieu d’enfouissement. Le problème est qu’ils sont rarement compostés, surtout dans notre région où il n’existe aucune infrastructure pour assurer la collecte de ces matières.