Les grands esprits s’échauffent : la voiture électrique contre la voiture à essence !

Date : 19/11/21

Plus de 1 553 500 automobiles vendues au Canada en 2020 sillonnaient les routes. (Guide de l’auto, 2021) Blanche, noir, rouge ou bleu, elles font toutes partie du paysage routier et nous sommes reconnaissants de les avoir, mais à quel prix ? Les voitures font partie de notre quotidien. Elles nous transportent d’un point A à un point B. Cependant, avec les enjeux environnementaux que nous subissons aujourd’hui, une question se pose : devons-nous revoir nos déplacements routiers et changer nos modèles à essence ?

Les voitures à essence sont au cœur de plusieurs débats à savoir si elles sont toujours viables dans la réalité climatique actuelle. C’est pourquoi l’arrivée en force des modèles de voitures électriques sur le marché fait réfléchir certains utilisateurs. Mais quels sont les divers enjeux économiques, pratiques et environnementaux liés à chacun de ces types d’automobiles ? L’article suivant vous présentera les faits en ce qui concerne la différence entre les deux modèles recherchés ainsi qu’une panoplie d’informations pour vous permettre de faire un choix éclairé.

1. Est-ce qu’une voiture électrique engendre de plus gros coûts qu’une voiture à essence ?

Il est vrai que l’acquisition d’une voiture électrique demeure plus élevée qu’une voiture à essence. Toutefois, il existe des subventions qui permettent de réduire vos coûts engendrés par l’achat d’une voiture électrique. Le Québec est la province du Canada la plus généreuse en ce qui a trait aux subventions pour les véhicules électriques. Le gouvernement provincial offre jusqu’à 8 000 $ à l’achat ou à la location d’un véhicule électrique neuf dans le cadre du programme Roulez vert. En plus, le gouvernement fédéral offre une aide maximale additionnelle de 5 000 $ pour les véhicules électriques neufs (dépendamment de certaines conditions). Vous pouvez donc recevoir jusqu’à 13 000 $ de subventions pour vous aider à financer votre voiture électrique. (Guide de l’auto, 2021)

Une subvention de 4 000 $ est aussi offerte par le gouvernement provincial pour l’achat d’un véhicule électrique usagé. Cependant, si la voiture a déjà été achetée au Québec à l’aide d’un crédit gouvernemental lorsqu’elle était neuve, elle ne sera pas éligible aux 4 000 $. (Guide de l’auto, 2021)

À titre d’exemple pour comparer les différences économiques entre les deux modèles, Équiterre (2017) propose une comparaison des modèles de voitures suivantes : Volkswagen e — Golf Comfortine (électrique) et Volkswagen Golf Comfortine (essence), roulant 20 000 km/an et ayant comme prix d’essence 1,30 $/L. Voici les points marquants :

  • Le coût d’achat de la voiture électrique neuve est de 44 300 $. Ce coût comporte l’achat de la voiture, mais également l’achat et l’installation d’une borne électrique (1 500 $) pour la recharge du véhicule. Les gouvernements provincial et fédéral vous offrent, comme mentionnés précédemment, 13 000 $ pour le véhicule. Le programme Roulez vert offre aussi un crédit de 600 $ pour votre borne électrique. Ce qui revient à un investissement de 32 200 $ après les déductions des rabais gouvernementaux.
  • Pour la voiture à essence, son coût d’achat s’élève à environ 29 500 $. Au premier regard, l’acquisition d’une voiture à essence est plus avantageuse au niveau du coût, mais le coût d’utilisation annuel est moins séduisant. Sans entrer dans les détails, une voiture électrique (correspondant aux critères du modèle de comparaison) génère un coût annuel de 1 190 $ et une voiture à essence génère un coût annuel de 3 400 $.
Dépenses Modèle électrique Modèle à essence
Coût d’achat Coût de base 44 300 $ Coût de base 29 500 $
Coût de la borne 1 500 $ Coût de la borne
Montant des subventions 13 600 $ Montant des subventions
Coût final 32 200 $ Coût final 29 500 $
Utilisation annuelle Électricité 370 $ Essence 2 100 $
Entretien 100 $ Entretien 370 $
Assurances 720 $ Assurances 900 $
Coût total 1 190 $ Coût total 3 370 $
Économie après 3 ans Environ 4 000 $ 0 $

Dans ce cas, l’utilisateur de la voiture électrique ne paiera donc que 520 $ additionnel comparativement à une voiture à essence, lors de sa première année d’utilisation. Après trois ans, il obtient donc une économie d’environ 4 000 $. L’économie budgétaire additionnelle est basée sur l’entretien du véhicule, qui est moins onéreux pour la voiture électrique. En plus, certains assureurs automobiles offrent une réduction de 20 % aux propriétaires de voitures électriques. En conclusion, une voiture électrique est donc plus économique qu’une voiture à essence.

2. Est-ce que la voiture électrique répond à tous les besoins de déplacements des automobilistes québécois ?

Vous êtes inquiet. ète. s, en ce qui concerne l’autonomie énergétique de la voiture électrique ? Voici quelques pistes pour rassurer vos questionnements.

En premier lieu, si vous désirez vous procurer une voiture électrique prochainement, nous vous conseillons d’identifier vos besoins de déplacements. Sur une feuille, additionnez le kilométrage de vos déplacements quotidiens (travail, garderie, école, etc.) et vos déplacements fréquents (arrêts en route : dépanneur, restaurant, etc.). Ajoutez également les imprévus hivernaux, car en moyenne la voiture électrique perd de 20 à 30 % de son autonomie en hiver. (Équiterre, 2017)

En effet, l’hiver, lorsque le chauffage fonctionne à plein régime, le régulateur de température retranche jusqu’à 30 % de l’autonomie de la voiture. Pour limiter la perte d’autonomie de votre véhicule électrique en hiver, isolez-la du froid en l’entreposant dans un garage. « En dessous de 0°, une voiture électrique peut perdre jusqu’à 1 km d’autonomie par heure en étant stationnée à l’extérieur. » (izi by EDF, 2021)

En deuxième lieu, en moyenne, les automobilistes québécois parcourent de 20 à 50 kilomètres par jour pour leurs déplacements quotidiens, tandis que l’autonomie des voitures électriques varie entre 150 et 600 km, ce qui répond à ce besoin. Bien sûr si vous désirez effectuer un trajet plus long qu’à l’habitude, vous devez vous assurer que plusieurs bornes sur votre trajet seront disponibles tout le long de votre parcours et à votre arrivée. Au Québec, en 2021 plus de 3000 bornes étaient disposées aux abords du plus important réseau de recharge publique. Le temps de recharge à courant continu est de 30 minutes pour recharger une batterie à 80 % (50 kilowatts) ; en hiver le temps moyen est de 45 minutes. Sur 3000 bornes, 450 bornes sont des recharges rapides en seulement 10 minutes pour parcourir 50 kilomètres. (Gouvernement du Québec, 2021)

En bref, la voiture électrique est très adaptée aux trajets courts, comme les déplacements effectués en ville. Dépendamment des modèles de voiture, elle sera moins recommandée dans le cas de longs trajets, surtout ceux qui s’effectuent dans des régions plus éloignées des grandes villes où il n’y a pas encore de bornes rechargeables installées.

3. Est-ce que la voiture électrique est un choix plus écologique que la voiture à essence ?

(1) Les changements climatiques et les émissions de gaz à effet de serre (GES)

Le véhicule électrique comporte des impacts environnementaux plus grands que le véhicule à essence conventionnel au moment de son achat, car sa production émet plus d’émissions de GES que celles émises par un véhicule conventionnel. La production d’une voiture électrique représente 63 % de ses émissions de GES globales produites, tandis que la production d’une voiture conventionnelle ne représente que 16 %. La production de la batterie des voitures électriques représente également 28 % de ses émissions de GES. Ces émissions sont attribuées à l’extraction et à la transformation des matières premières supplémentaires que nécessite la production du moteur électrique, de la transmission et de la batterie, dont une demande accrue d’aluminium et de cuivre. Il s’agit de ressources minérales convoitées, qui sont menacées d’épuisement. (CIRAIG, 2016)

En revanche, les impacts environnementaux de la voiture électrique s’amoindrissent lors de l’étape de l’utilisation du véhicule, particulièrement dans un contexte québécois. Grâce à l’hydroélectricité, qui est une énergie renouvelable produisant peu d’émissions de GES, l’utilisation d’une voiture électrique ne représente que 8 % de ses émissions de GES globales. Comparativement, l’étape d’utilisation des voitures à essence représente 83 % de leurs émissions de GES, étant donné la combustion du carburant, qui produit du dioxyde de carbone (CO2) en grande quantité. L’efficacité environnementale de la voiture électrique donc s’effectue après 30 000 à 65 000 km roulés. De sa fabrication à sa fin de vie, la voiture électrique émettra de 55 à 80 % moins d’émissions de GES lorsqu’elle aura parcouru 300 000 km (ou de 29 à 65 % pour 150 000 km) que la voiture à essence. (Équiterre, 2017 ; CIRAIG, 2016)

Donc, la voiture électrique obtient un impact plus écologique que la voiture à essence en matière d’émissions de GES, dépendamment de son temps d’utilisation.

(2) L’énergie renouvelable

Sur le territoire québécois, 98,5 % de l’électricité provient d’une énergie renouvelable, donc « la voiture électrique présente un avantage franc sur le plan environnemental comparativement à la voiture à essence » (Équiterre, 2017). Cette conclusion ne sera pas la même dans les pays où l’électricité est produite grâce au nucléaire ou au charbon.

Selon Hydro-Québec, « le réseau québécois actuel d’électricité pourrait alimenter un million de voitures électriques supplémentaires, et ce, sans nécessiter une amélioration ou une expansion importante du réseau. En fait, ce million de véhicules électriques ne représente que l’équivalent de 2 % de l’électricité consommée au Québec en 2015 » (Hydro-Québec, 2015).

(3) Les batteries

Selon les fabricants, une garantie de 8 à 10 ans (ou 160 000 km) est prescrite pour les batteries de voitures électriques. Après environ 150 000 à 200 000 km roulés (10 à 15 années d’utilisation), les batteries détiennent encore 80 % de leur capacité, « soit assez d’énergie pour couvrir les déplacements moyens d’un québécois » (Équiterre, 2017). À la fin de sa vie, la batterie peut être réutilisée de différentes manières :

  • Utilisée pour emmagasiner l’énergie nécessaire pour alimenter nos maisons et nos institutions ;
  • Remise à neuf pour l’usage de nouvelles batteries ou d’autres applications ;
  • Et ultimement recyclée, ce qui permet d’en récupérer les matériaux pour la fabrication d’autres produits, voire de nouvelles batteries. Toutefois, cette filière est en développement. Elle reste actuellement encore complexe et trop coûteuse à réaliser. (Équiterre, 2017)

Mais qu’en est-il de son impact néfaste sur l’environnement ? Selon une étude sur le cycle de vie des batteries au lithium de l’Agence de Protection environnementale américaine (EPA), les batteries présentant des traces de cathodes de nickel et de cobalt, des composantes qui endommageraient la santé humaine et l’environnement. Ces batteries représentent divers impacts environnementaux : l’épuisement des ressources, le réchauffement climatique et la toxicité écologique. (EPA, n-d)

Avec l’augmentation des véhicules électriques sur le marché, le recyclage des batteries devient un enjeu environnemental majeur à traiter. Aux États-Unis, c’est plus de 2 millions de batteries qui devront être recyclées par année d’ici 2040. Heureusement, des solutions commencent à voir le jour.  Par exemple, la firme québécoise  Recyclage Lithion a récemment développé un nouveau procédé unique, qui permettrait de recycler 95 % des composants d’une batterie lithium-ion. Leur première usine pilote est prévue d’être opérationnelle pour la fin de 2022 à Montréal. Voilà une solution locale qui pourrait amener un succès important dans le domaine de l’électrification des transports ! (Recyclage Lithion , 2021).

4. En conclusion, quoi choisir ?

Finalement, la voiture électrique obtient plusieurs avantages économiques, environnementaux et pratiques, mais elle n’est pas à l’abri de quelques désavantages marquants. Même si la voiture électrique s’avère plus avantageuse que la voiture à essence dans le contexte québécois, il existe tout de même des points non discutables qui n’ont pas encore été réglés, dont les impacts néfastes de la production et de la fin de vie des batteries au lithium ainsi que l’utilisation de ressources additionnelles non renouvelables pour la production des véhicules électriques. Des solutions restent donc à être développées pour affirmer avec certitude que la voiture électrique est le bon choix à faire.

ADDERE Service-conseil vous rappelle que la meilleure solution reste l’application de la mobilité durable et l’utilisation des transports actifs et en commun, comme alternatives à l’auto-solo : vélos, autobus, covoiturage, etc. Notez vos conditions d’achat et évaluez vos besoins pour vous aider à prendre la meilleure décision possible !

En résumé :

 Avantages de la voiture électrique :

  • Économique à moyen terme ;
  • Recharge par l’hydroélectricité, ce qui permet une réduction importante des émissions de GES ;
  • Adaptée pour les trajets en ville ;
  • Moins d’entretien.

Désavantages de la voiture électrique :

  • Trajets longs problématiques, surtout dans les régions éloignées ;
  • Disponibilité des bornes et lenteurs des recharges ;
  • Problème des impacts environnementaux et sociaux liés aux batteries ;
  • Utilisation de plus de ressources pour sa production.

SOURCES :

Association des véhicules électriques du Québec (AVEQ) (2013). Importante étude sur le cycle de vie d’une batterie au lithium. Repéré à https://www.aveq.ca/actualiteacutes/importante-tude-sur-le-cycle-de-vie-dune-batterie-au-lithium

CIRAIG (2016). Analyse du cycle de vie comparative des impacts environnementaux potentiels du véhicule électrique et du véhicule conventionnel dans un contexte d’utilisation québécois. Repéré à https://www.hydroquebec.com/data/developpement-durable/pdf/analyse-comparaison-vehicule-electrique-vehicule-conventionnel.pdf

Équiterre (2017). La voiture électrique en 5 questions. Repéré à https://www.equiterre.org/solution/la-voiture-electrique-en-5-questions

Guide de l’auto (2021). Top 10 : les voitures les plus vendues au Canada en 2020. Repéré à https://www.guideautoweb.com/galeries/58344/top-10-les-voitures-les-plus-vendues-au-canada-en-2020/

Guide de l’auto (2021). Subventions pour véhicules électriques : ce que vous devez savoir. Repéré à https://www.guideautoweb.com/articles/58852/subventions-pour-vehicules-electriques-ce-que-vous-devez-savoir/

Gouvernement du Québec (2021). Équipement de recharge. Repéré à https://vehiculeselectriques.gouv.qc.ca/decouvrir/recharge/equipement-recharge.asp

Gouvernement du Québec (2021). Rabais pour un véhicule neuf (Programme Roulez vert). Repéré à https://vehiculeselectriques.gouv.qc.ca/rabais/ve-neuf/programme-rabais-vehicule-neuf.asp

IZI (2021). Pourquoi mon véhicule électrique perf de l’autonomie en hiver. Repéré à https://izi-by-edf.fr/blog/voiture-electrique-perte-autonomie-hiver/

Recyclage Lithion (2021). À propos. Repéré à À propos – Recyclage de batteries lithium-ion (lithionrecycling.com).

United States Environmental Protection Agency (EPA, s.d.). Lithium-ion Batteries. Repéré à https://www.epa.gov/recycle/frequent-questions-lithium-ion-batteries